Scénographie • 1990
Comédie-Française - Paris
Pièce de Jean-Paul Sartre mise en scène par Claude Régy

En 1990, Roberto Platé intervient de nouveau à la Comédie-Française pour Huis clos. Le principe de la boîte monumentale et vide est repris avec une grande cohérence, la nudité absolue de l'architecture accentuant, du fait de son surdimensionnement, la tension entre l'espace et les corps des comédiens. Cette fois-ci, il s'agit bien d'un cube (nulle perspective accélérée) dont les murs, le sol et le plafond gris se situent dans le prolongement du cadre de scène. Au niveau de celui-ci, étirées sur toute la largeur de son ouverture, trois marches conduisent au proscenium, recouvert du même matériau gris.

Les trois personnages sont bloqués pour l'éternité dans une architecture sans issue : l'homme (Michel Aumont) de trois quarts dos devant son « fauteuil », Estelle (Muriel Mayette) debout devant le sien, Inès (Christine Fersen) assise à sa place. Au lointain, les deux battants de la porte monumentale.
Plan du dispositif scénique : Roberto Platé a conçu un espace en trois parties découpées dans la profondeur du plateau et délimitées par deux lignes distinctes : les marches séparant l'avant-scène et la scène, puis la porte composée de deux pans monumentaux constituant le mur du lointain. La finesse du mécanisme repose sur le jeu des charnières : une fois ouverts, ces pans se retrouvent dans le prolongement parfait des murs latéraux. Aucune trace de leur déplacement n'est visible. — Ch. G.-S.
