Exposition individuelle
Centre d'Art Contemporain de la Rairie, Nantes
1 janvier 2004 - 21 février 2004
Centre d'Art Contemporain de la Rairie
Nantes
Platé, entre désirs de chair et d'huile Roberto Platé est un scénographe mondialement connu. Ce plasticien expose, depuis hier, ses huiles pimpantes de vie, de couleurs et ses nus sensuels. Au total 130 toiles à voir à La Rairie (Pont-Saint-Martin) et passage Pommeraye, à Nantes. Roberto Platé, né en Argentine il y a 60 ans, a étudié aux Beaux-Arts de Munich. En 1969, refusant d'être soumis à la censure du dictateur, il se réfugie à Paris. Depuis, Platé s'est fait planétairement connaître comme scénographe, au théâtre et à l'opéra. « Cet artiste est mondialement connu », confirme Michel Luneau, écrivain et propriétaire du Centre d'art contemporain de La Rairie. Platé, qui a travaillé avec les meilleurs metteurs en scène, Claude Régy et Alfredo Arias notamment, intervient dans les principales places de l'opéra lyrique : la Scala de Milan, l'Opéra Bastille, Orange, Aix, New York... « On le connaît moins en tant que peintre », souligne Michel Luneau. D'où l'intérêt des accrochages ligériens. Une longue allée boisée, sur la route de Rezé à Pont-Saint-Martin et vous voilà à La Rairie, noble demeure du XIXe. La Rairie est l'une des deux villas néo-palladiennes du département, dont la plus connue est à Clisson. Sur les côtés, une ancienne dépendance remarquablement restaurée abrite des toiles grand format. Les huiles de Robert Platé, empreintes de couleurs chaudes, toutes de lignes rythmées, de contrastes, s'y épanouissent. Une muse « Je peins des natures mortes à même le sol », signale le peintre franco-argentin. Pinceaux, seaux, gobelets, couteaux... Le plasticien exhibe son antre, la matrice de sa passion plastique : « Je peins mon atelier, mon monde ». Un monde où il apparaît, silhouette longue, en premier plan et à contre-jour. Ces autoportraits, cette présence intrusive, comme à la découverte de l'autre, éros, est plus charnelle, plus troublante, dans la trentaine de nus et de portraits exposés à Nantes. « Je peins en quelque sorte ma muse, une jeune fille de 24 ans », explique le peintre. Une muse dont il esquisse, ici, courbes et formes sensuelles. Là, les beautés soulignées par des rais de lumière savamment ajustés. Les courbes, le beau visage de la nymphe, le peintre nous les restitue sous diverses influences diaphanes, façon Van Hove ; cubiques, manière Picasso ; pop art à la mode Andy Warhol, etc. « J'étais amoureux de cette femme. Je n'ai pas voulu la rater », avoue Flo Deno [sic - coquille probable de l'article pour Platé]. Entendez, rater la grâce qui, soudain, inspire, enivre, dévore l'homme-plasticien, pour le plus grand bonheur... du visiteur ! Gaspard NORRITO.